Et c'est ce qu'il fait. Dans la rue il fait un peu froid malgré les previsions de la météa. Il a faim...rien mangé depuis trois jours...alors évidemment, quand il passe devant la boulangerie ... il ne peut résister ... dommage, son régime commençait bien ... "si vous en ressentez le besoin, accordez vous un petit encas" lui avait dit le docteur "mais restez raisonnable" . C'est alors qu'il se remémore un vieux livre qu'il avait eu entre ses mains lorsqu'il était petit triman et qu'il passait des après midi entières chez sa grand mere. Oh cela date, bien sur voila peut être 15 ans déjà que la vieille est morte...enfin ce livre ventait les mérites d'un gâteau traditionnel du nord des terres dinettes. Aujourd'hui son commerce est assez répandu, et même en Hylure (car c'est la qu'il se trouve, voyage d'affaire exige...) il en trouverait.
Alors il rentre dans la boulangerie et dit à la boulangère qui se trouvait au comptoir "Bonjour madame, je voudrais un poulipoulishpouikshpouikcoing à la vanille"
"Un poulipoulishpouikshpouikcoing à QUOI ???"
Ayant finalement obtenu ce qu'il désirait tant, il sort, fier de lui, cet encas n'entamera pas son régime. Mais c'est en marchant dans la rue que tout a coup il s'aperçoit de quelque chose d'étrange... Son coeur s'affole sans qu'il ait rien fait... il lève donc les yeux, inquiêt. Il est cardiaque il le sait, d'où ce régime... mais là, c'est étonnant, ce n'est pas comme ses crises ordinaires. C'est parce qu'elle est là en face de lui, elle... elle...
Oui... Il n'y avait pas d'erreur possible, "C'est cette fille d'hier au soir...".
Elle était là devant la vitrine d'un armurier, de sombres lunettes noires sur les yeux, et cachée derrière un épais manteau en hermine. "C'est la voleuse de Lumine qu'ils ont engagé pour le braquage du château de Dynn hier soir". Leonir avait du rester à son poste plus longtemps que prévu, tard dans la nuit en attendant les autres forces armées bloqués par les complices de la voleuse; car il ne pouvait pas agir seul face à la terrible agilité dont elle avait fait preuve en s'infiltrant dans le château. Finalement, la fille avait pu s'échapper; mais puisqu'elle rode encore incognito derrière son large manteau, c'est qu'elle a du être gênée par l'arrivée en masse des gardes et ne pas avoir pu finir son travail, pensait il.
Bien que déguisée, les traits fins de son visage la trahissaient. Leonir avait pu l'observer très longtemps en attendant les autres gardes du palais... après tout, ce n'était peut être qu'une novice en la matière...
Jetant le reste de son énorme coupe faim, il se calma un instant, lui et son rythme cardiaque, avant de se décider... Son manteau cachait probablement des armes et son attirail de travail...
Biensur sa santé n'était pas des meilleurs, et il n'avait jamais excellé en quoi que ce soit. Son métier de soldat, il ne l'avait pris que par défaut, car toutes les portes se fermaient régulièrement devant lui. Enfermé dans son anonymat et son invisibilité aux yeux des autres, il n'avait cependant jamais cessé de carresser le doux songe de devenir un jour quelqu'un. Sa vie entière n'était qu'un échec. Sans amis, sans épouse, d'un physique ingrat et atteint d'une faiblesse du corps qui, il le sentait, l'emportait doucement mais surement, il avait conscience que son existence ne signifiait rien et sentait bien que sa misérable vie ne tarderait pas à prendre fin. C'est peut-être pourquoi il décida à ce moment-là d'agir, de tenter quelque chose de bien, au moins une fois dans sa vie, avant que tout ne soit fini. Achetant un journal qui le dissimulerait, l'espérait-il, au yeux de la voleuse, il se mis à la suivre.
Elle déambula longtemps dans les rues avant d epénétrer dans une petite boutique à l'enseigne délavée. Il la suivit aussi discrètement que possible derrière son journal et découvrit un magasin sombre et plutôt glauque. Là il trouva un crâne humain de grande circonférence qu'il enfila sur sa tête pour mieux se dissimuler, et surtout pour aller avec le décor qui l'entourait. Il avait toujours eu des goûts esthétiques très développés même dans les pires situations. Et c'est à cet instant qu'un homme sortit de derrièr une tenture vêtu d'un équipement de gladiateur de dernier cri. La femme venait de quitter le haut de sa tunique, dévoilant des épaules brunes marquées de cicatrices et pourtant très appétissantes...
Leonir ravala sa salive. Où diable cette voleuse l'avait elle conduit? tout ici semblait malsain. Pourquoi ne l'avait il jamais repéré cette enseigne, en passant dans les rues de la ville. Et puis pourquoi l'avait il suivie? Après tout même s'il voulait faire quelque chose de bien, son métier n'était pas celui d'enquêteur; il n'était qu'un soldat du palais, et n'avais rien a faire en dehors de son poste...
Et si les autres avaient remarqué son absence! Son supérieur l'avait toujours sous estimé lui et son faible petit corps. "Tu es un soldat..., mais tu ne peux même pas te battre..., REDRESSE TA LANCE, bombe moi ce torse! Mais pourquoi Milord m'a t'il envoyé une recrue pareille!..."
Pourtant, il était bien dans ce "magasin", caché derrière ce crâne impressionnant et une pile de boites poussiéreuses. Devant lui, cette femme à la cicatrice qui l'attirait tant, sans bien savoir pourquoi, et un homme, ce gladiateur imposant sorti du fond de la tanière. Il y avait peu de lumière, suffisamment pour qu'il puisse comprendre la scène...
"Ils... baisent??" La voleuse après avoir fait glissé son lourd manteau et dégrafé son haut, se laissait caresser par l'homme qui vint la plaquer sur le sol. La porte n'était même pas fermée! N'importe qui pouvait entrer! Leonir derrière son crâne ne pouvait plus bouger, "Mais qu'est ce que je fous là... pauvre conasse..." s'en aller n'était pas une bonne solution, il risquerait d'attirer leur attention, serrant très fort le journal dans ses mains, il se maudissait ainsi que la voleuse; plus jamais il ne quitterait son poste pour impressionner son commandant, pas comme ça, pas en dehors du château.
les vitrines de l'échoppe étaient sales et teintées on n'y voyait pas à travers, cette ambiance le bazar alentours et ces deux infâmes qui s'enjambaient et hurlaient comme des animaux déchainés le rendaient fou.
-"Lyuge... je... je l'ai enfin trouvé, dit elle entre deux souffles"
Même dans cette pénombre grise, Leonir voyais le gladiateur adopter un large sourire, qui lentement se changea en un rire qui fit trembler les meubles et s'envoler la dense couche poussière qui s'y trouvait.
Elle ne le lâcha pas des yeux, patiente, jusqu'à ce qu'il ait achevé de consummer sa joie malsaine.Lorsqu'il se fut calmer et que la poussière fût retombée à sa place, il s'arc-bouta au dessus du corps magnifique de sa partenaire et s'adressa à elle dans un murmure, le nez dans sa chevelure:
"Tu es une bonne fille, je suis content de toi". Ses yeux brillaient à présent d'avidité; prenant dans sa main épaisse et rude la gorge blanche et palpitante de la femme, il la transperça du regard avant de lui souffler au visage d'une voix qui ne portait pas en elle le souvenir d'avoir un jour été tendre: "Et... où est-il?". Il lui lâcha la gorge pour qu'elle puisse répondre. Une marque rouge lui faisait comme un collier. Aucunement impressionnée et ne montrant aucun signe de souffrance, elle passa ses mains derrière la nuque de l'imposant gladiateur et lui lança, avec un sourire mutin: "En sécurité..."
D'un coup de reins d'une puissance insoupçonnée dans un corps si gracieux, elle fit rouler l'homme sur le côté et, le chevauchant, le domina de toute sa nudité. Elle leva les bras, l'un après l'autre, fesant jouer sur son corps la lumière du jour qui provenait, affaiblit, du rideau de la porte. Leonir eût toute les peines du monde à retenir un frissonnement qu'il sentait le gagner. Les mains sur la tête, la voleuse ajouta: "J'en ai ramener une partie ici, elle est de toute beauté...". Le visage de l'homme trahit sa surprise et son intêret. "Montre..." grogna-t-il. De sa main gauche, la voleuse sortit de sa chevelure dont les boucles étaient remontées sur la tête une pierre étincellante, un diamant de taille ahurissante, rattaché à une chaîne d'or. Il lançait des éclats tramblants sur les murs et les corps nus. L'homme s'empressa de le saisir et ses yeux s'écarquillèrent, cupides. Mais la femme, ne se départissant pas de son sourire, remarqua de façon toute à fait innocente. "Cependant il ne sert à rien... En revanche, ceci..." et tandis qu'elle parlait, elle tirait quelquechose de sa main droite. Leonir, de là où il était, eu le temps de voir briller une émeraude, et une seconde avant que son bras ne lance une main fine sous la gorge de l'homme à sa merci, il s'aperçut que l'émeraude était sertit dans la garde d'une dague. En un éclair argenté, l'homme allongé sur le sol crasseux d'une boutique miteuse était passé de vie à trepas. Le sourire sur le visage de la femme se faisait plus large tandis que le sang jiclait de la gorge de sa victime et la couvrait d'un manteau rouge. Le bras en l'air, l'air triomphale, alors que le gladiateur finissait de se convulser, elle termina sa phrase: "... c'est beaucoup plus utile".